Replay

MASTERCLASS — Incarnez ! L'art de rendre vos prises de parole inoubliables par le théâtre

<div style="position: relative; width: 100%; padding-top: 56.25%; overflow: hidden;"> <iframe id="__contrast_embed_ff2555ee-b3de-4b3c-a906-42338b03b9d5" src="https://watch.getcontrast.io/embed/60d2fefe-ba76-460f-b59f-d2111273c8d2" style="position: absolute; top: 0; right: 0; bottom: 0; left: 0; width: 100%; height: 100%;" title="Contrast video player" frameborder="0" allow="encrypted-media; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen> </iframe> </div>

Des experts qui connaissent leur sujet sur le bout des doigts et qui, une fois devant un auditoire, ne convainquent personne : c'est le point de départ de cet atelier animé par Sophie Kaufmann, comédienne et formatrice en entreprise. Intermittente du spectacle depuis 2009, elle passe l'essentiel de son temps sur scène et consacre le reste à la formation, une double casquette héritée d'un premier métier de responsable de la communication dans l'édition.

Sa thèse est simple : la maîtrise du contenu ne suffit pas. Ce qui fait la différence, c'est l'alignement entre ce que l'on dit et ce que l'on est. « Si vous êtes convaincu, vous serez convaincant » — reste à savoir comment se rendre convaincu. Les outils du théâtre et de l'improvisation apportent des réponses concrètes, et pas seulement pour la prise de parole en public : ils servent aussi la communication entre collègues. L'atelier, entièrement participatif, en fait démontrer trois en quarante-cinq minutes, avec trois participants tirés au sort.

Les vrais problèmes de la prise de parole en entreprise

Quatre situations reviennent selon l'intervenante. L'expert qui sait tout mais ne transmet rien, à l'image du professeur d'université brillant dont on ne retient rien. L'orateur qui s'adresse aux seuls initiés d'un auditoire pourtant hétérogène, et qui perd tous les autres. Les équipes qui ne se comprennent pas simplement parce qu'elles n'ont pas le même style de prise de parole. Enfin, celui qui est parfaitement à l'aise en réunion mais s'éteint dès qu'il passe en visioconférence, faute de savoir envoyer son énergie dans le petit trou de la caméra. Ce dernier point n'est pas anecdotique : la visio est devenue le cadre majoritaire, et elle se travaille comme une mise en scène, avec ses entrées de champ et ses cadrages.

S'ajoute le rapport à l'erreur. Au théâtre, l'imprévu est permanent : texte oublié, accident de scène. Si l'on se fige, tout le monde le voit. L'enjeu est d'apprendre à rebondir plutôt qu'à se bloquer, ce que l'intervenante rattache à la sérendipité. Et elle insiste sur un paradoxe utile : l'improvisation ne s'improvise pas, elle se prépare.

La tension entre le rôle et soi

Tout orateur navigue entre son rôle social et sa personne. Trop dans le rôle, on s'oublie soi-même et l'on sonne faux. Trop soi, on ne défend plus le message. Une participante résume l'écueil dans le chat : à trop de réserve, on ne montre pas son assurance alors qu'on a les compétences. Le cas est quotidien en entreprise, quand il faut porter une directive avec laquelle on n'est pas totalement d'accord. La réponse est la même que sur un plateau face à un texte mal écrit : trouver en soi les ressources pour y croire, sans quoi le public n'y croira pas non plus.

Trois exercices, trois mécanismes

La liste de courses. L'intervenante lit d'abord une liste de courses sur un ton neutre : beurre, pommes de terre, sucre en poudre, papier toilette, saucisson, tablette de chocolat. Aucun intérêt. Elle la rejoue ensuite avec les intentions proposées par le chat — leader charismatique, hypocrite mielleux, séducteur — puis un participant s'y essaie en colère froide. Le même texte dit alors des choses entièrement différentes. La formule qui résume l'exercice : « Le texte n'est qu'un prétexte. » La leçon opérationnelle est que l'on se cramponne trop souvent au texte et aux slides, au détriment de la seule chose qui embarque un auditoire, l'intention. Et plus la situation que l'orateur se représente mentalement est précise, plus le public la ressent.

La traduction simultanée. L'intervenante s'adresse à une participante dans une langue imaginaire, charge à elle de traduire en direct devant l'assistance. En quelques échanges, une histoire cohérente se construit, sans qu'un seul mot intelligible ait été prononcé. Démonstration de deux choses à la fois : le sens passe par le para-verbal et le non-verbal, et l'écoute active est une co-construction. Quand l'exercice échoue, c'est toujours pour la même raison : l'un des deux a décidé à l'avance où il allait et croit écouter alors qu'il suit sa propre ligne.

La conférence de presse. Trois participants reçoivent chacun une couleur de personnalité et doivent répondre en direct aux questions des autres sur un sujet volontairement absurde. Le rouge fonce et prend le lead, le jaune est sociable et enthousiaste, le bleu répond par des chiffres et du concret. L'assistance reconnaît les couleurs sans difficulté, ce qui est précisément le but : montrer que l'on peut jouer une couleur qui n'est pas la sienne, et surtout qu'un auditoire contient toujours les quatre.

Ce que dit le non-verbal

L'atelier s'appuie sur une expérience menée aux États-Unis, à l'origine de la règle dite des 7-38-55 : 7 % seulement du message passerait par les mots eux-mêmes, 38 % par la tonalité — le débit, le volume, la façon de traîner ou non sur les mots — et 55 % par le langage corporel. Soit 93 % pour le non-verbal et le para-verbal réunis. Certains signaux ne se contrôlent pas, comme rougir. D'autres se travaillent : le regard, l'ouverture des bras, l'immobilité des appuis. L'intervenante cite la posture de l'arbre, pieds ancrés et tronc aligné, le haut du corps restant libre de souligner le propos.

Le modèle des quatre couleurs, qu'elle rapproche des outils de type Insights ou HBDI, complète le tableau côté communication interpersonnelle. Le rouge est direct et orienté action, le jaune sociable et attiré par la nouveauté, le vert attaché à l'éthique, aux valeurs et au pourquoi, plus lent à décider mais tourné vers la pérennité, le bleu analytique et factuel. Les couleurs opposées se comprennent mal, et l'on prête souvent à l'autre une mauvaise intention là où il n'y a qu'une grammaire différente : « On ne va jamais reprocher à un Japonais de parler japonais. » Pour une prise de parole, la conséquence est directe : n'oublier aucune des quatre typologies, ce que les orateurs de l'Antiquité formulaient déjà par l'ethos, le logos et le pathos, complétés par l'appel à l'action.

Les points clés du replay

  • L'expertise ne se transmet pas toute seule : sans intention, le contenu ne passe pas.
  • Le texte n'est qu'un prétexte ; c'est la situation que vous vous représentez qui se voit.
  • L'improvisation ne s'improvise pas, elle se prépare — le rapport à l'erreur aussi.
  • La visioconférence est une mise en scène : elle demande ses propres réglages.
  • Un auditoire contient toujours les quatre profils de personnalité ; en oublier un, c'est le perdre.
  • Ces outils ne sont pas des baguettes magiques : ils se pratiquent, se débriefent et se vivent.

Transcription du replay

Questions fréquentes

Participer aux prochains Learning Days

Inscrivez‑vous pour être informé(e) de nos prochains événements.

Merci pour votre inscription à notre newsletter !
Oops! Il y a eu un problème avec votre inscription à la newsletter !