Les promesses de l'IA appliquée au digital learning sont-elles tenues ? Pour y répondre, l'équipe d'Autrice Flow a choisi la démonstration plutôt que le discours. Julien Le Lagadec, en charge de la direction commerciale et des partenariats chez Autrice, et Anne-Laure de Candido, directrice générale et cofondatrice de la société ont construit un module de formation en direct, du prompt initial à la publication, devant les participants.
Le fil conducteur est l'agilité, entendue dans deux directions. L'agilité du concepteur, qui doit pouvoir produire vite sans perdre la main sur son contenu. Et l'agilité de l'apprenant, qui doit trouver un parcours adapté à son rythme, à son niveau, à sa langue et, le cas échéant, à son handicap.
Générer un module, puis le reprendre en main
Trois points d'entrée sont possibles dans l'outil. Partir de la page blanche quand on sait exactement ce que l'on veut et n'utiliser l'IA que pour compléter certaines activités. Partir d'un prompt. Ou partir de sources importées : PDF, PowerPoint, vidéo, son, plusieurs documents à la fois.
Avant de lancer la génération, une série de réglages conditionne la qualité du résultat. La structure pédagogique d'abord, choisie dans une bibliothèque qui va du microlearning à l'informatif, à l'évaluatif, aux modules mixtes et aux modules adaptatifs. Puis la durée, le niveau, la langue, et le style des illustrations. Sur ce dernier point, une option permet de laisser les emplacements médias vides, pour une entreprise qui préfère utiliser ses propres visuels plutôt que de générer des images inutilement.
Vient ensuite une étape de cadrage, avant production : l'outil restitue sa compréhension du sujet, les thématiques, les compétences, les profils et les objectifs pédagogiques. Tout y est modifiable, à la main ou en régénérant élément par élément. La démonstration a porté sur un module de quinze minutes consacré à la réduction de l'empreinte écologique dans une entreprise de services, généré avec dix-neuf activités.
C'est la granularité qui fait la différence revendiquée. On peut intervenir au niveau macro (le module entier), intermédiaire (une activité) ou micro (un texte, une image, une association dans une activité de correspondance). Un ingénieur pédagogique qui refuse que l'IA touche à son plan garde son plan ; un expert métier sans culture pédagogique peut au contraire générer un module complet puis l'ajuster avec son expertise.
Souveraineté et traitement des données
Le choix du moteur d'IA est laissé au concepteur, avec plusieurs modèles disponibles, dont Mistral pour ceux qui veulent rester dans un environnement européen. D'autres moteurs sont annoncés, dont un modèle adossé à un corpus universitaire développé par une grande école d'ingénieurs. Une entreprise peut également brancher sa propre IA interne.
Sur les données, la position exposée en séance est double. Les documents chargés restent cloisonnés au module dans lequel ils ont été déposés : pour les réutiliser ailleurs, il faut les recharger. Et l'outil n'est pas entraîné sur les contenus des clients. La solution est présentée comme souveraine, développée par une équipe française et hébergée en France.
Accessibilité, scénographies et adaptive learning
C'est probablement la partie la plus concrète de la démonstration. L'accessibilité est pilotée par l'apprenant lui-même, via un bouton présent dans l'interface : daltonisme, dyslexie avec adaptation des polices et des espacements, filtre lumière bleue, contrastes, taille de police, saturation. Le point souligné est important : l'apprenant n'a pas à déclarer son handicap pour adapter son environnement.
Une scénographie dédiée à la lecture d'écran et à la navigation clavier a été ajoutée, complétant un dispositif qui couvre désormais, selon les intervenants, l'intégralité des critères d'accessibilité visés. La sonorisation s'ajoute à cela : elle peut être générée automatiquement sur les textes et sur les descriptions d'accessibilité, avec une voix d'homme ou de femme dans toutes les langues disponibles, ou remplacée par un enregistrement déposé par le concepteur.
Côté mise en scène, un même contenu peut être présenté de plusieurs façons sans retouche : scroll, slides, format bento à navigation libre avec prérequis bloquants, chronologie, présentation type newspaper, patchwork, carrousel, plein écran, 3D. Un exemple d'escape game en 3D avec chronomètre a été montré en fin de session. Plus de vingt-cinq activités pédagogiques sont disponibles, chacune présentable sous plusieurs formes.
L'adaptive learning fonctionne sur un principe revendiqué comme différenciant : quand un apprenant échoue à une activité ou déclare ne pas avoir compris, l'activité complémentaire qui lui est proposée n'est pas générée à la volée. C'est le concepteur qui l'a choisie en amont — une vidéo d'expert, un texte d'explication, un second quiz plus simple.
Enfin, une activité SCORM permet d'intégrer des contenus produits ailleurs et de leur appliquer les règles de la plateforme : adaptive learning, chronomètres, prérequis. La traduction se fait en un clic vers plus de vingt langues, avec sous-titrage des vidéos, mais sans traduction automatique du texte contenu dans les images.
Les points clés du replay
- L'agilité se mesure à la capacité de reprendre la main, pas à la vitesse de génération.
- La qualité du paramétrage en amont (structure, durée, niveau, langue) détermine celle du module produit.
- L'accessibilité est pilotée par l'apprenant, sans déclaration préalable de handicap.
- Dans l'adaptive learning présenté, les chemins de rattrapage sont conçus par l'humain, pas improvisés par la machine.
- Le cloisonnement des données par module et le choix du moteur d'IA sont des arguments de conformité autant que de sécurité.
- Une même activité présentée autrement change l'expérience d'apprentissage sans effort supplémentaire de conception.
Transcription du replay
Questions fréquentes
Les images générées sont-elles traduites automatiquement ?
Non. Le texte intégré aux images doit être repris manuellement. En revanche, les vidéos peuvent être sous-titrées, et chaque activité dispose d'un bouton de traduction qui permet de travailler dans sa langue maternelle puis de propager la traduction au fil de l'eau.
Nos documents servent-ils à entraîner l'outil ?
Non. Les intervenants indiquent que les données chargées restent limitées au module concerné, y compris dans les traitements de type RAG, et que l'outil n'est pas entraîné sur les contenus des clients.
Comment est-on accompagné à la prise en main ?
Par un parcours à distance composé de vidéos courtes et de sessions avec un expert, espacées d'une dizaine de jours, avec une variante plus courte et « juste à temps » pour les experts métier. S'y ajoutent une base de connaissance en ligne multilingue et des ateliers collectifs gratuits ouverts aux clients, en petits groupes de cinq à dix personnes.
Quel est le tarif ?
La réponse a été donnée sans détour en séance : 960 euros hors taxes par an et par créateur de contenu, sans système de tokens ni de crédits, avec un volume de génération illimité.
Comment exporter les contenus ?
En SCORM 1.2 ou 2004 vers un LMS, ou via un lien web public qui, lui, se met à jour en continu à mesure que le contenu évolue. Le suivi statistique des apprenants, en revanche, reste du ressort du LMS.

Julien Le Lagadec
VP Sales & Partnerships, Autrice.ai
Il rejoint Autrice.ai comme VP Sales & Partnerships pour démocratiser la création de contenus pédagogiques boostés à l’IA. Autrice est un outil de création de dernière génération pour la création de contenus design, adaptatifs et inclusifs.
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Autrice Flow
Autrice.ai est une suite d'outils de formation éditée par la société française NA3D, articulée autour de trois briques : ORIGIN, un outil auteur assisté par IA produisant modules e-learning, mobile learning, présentations et exports SCORM ou HTML5 ; FLOW, une plateforme d'expérience d'apprentissage pour orchestrer des parcours multimodaux ; LINK, un espace d'échange et de commercialisation de formations. L'accessibilité est intégrée dès la conception.


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