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Votre sujet de formation le plus indigeste mérite une série

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BNP Paribas a transformé deux sujets de formation très techniques, la fiscalité des particuliers et le crédit à la consommation, en séries de fiction. Maxime Duval, responsable de projet chez MyCampus (l'entité de formation des agences du groupe BNP Paribas), raconte comment le projet a été mené, avec Sarah Akel, cofondatrice de Change The Work, et Alison Zulmea, showrunner formation, qui ont écrit et produit les séries.

Pourquoi une série pour un sujet aride

Sur des sujets comme la fiscalité ou le taux d'endettement, les modules e-learning classiques étaient difficiles à suivre jusqu'au bout, d'autant que la formation s'insère entre des mails et des appels. Le format série et fiction visait à créer une expérience apprenant et à capter l'attention, sans rien céder sur la rigueur : audace sur la forme, aucun compromis sur le fond.

Les deux séries présentées

La première porte sur la fiscalité des particuliers : Thomas, atteint de phobie administrative, fuit chaque tentative d'explication, sur trois épisodes (les bases de la déclaration, la fiscalité des revenus financiers, celle des revenus immobiliers). Ce personnage qui ne comprend rien permet de poser les questions de l'apprenant. La seconde, sur le crédit à la consommation, prend la forme d'un jeu télévisé, « Qui veut prêter des millions », où des conseillers bancaires passent un casting sur leur posture avant de répondre à des questions techniques.

Trois étapes, trois à quatre mois

  • Cadrage (environ un mois, au moins un atelier d'une heure) : objectifs, cible, sujets, calendrier et décideurs à embarquer.
  • Écriture (environ un mois, au moins trois ateliers d'une heure) : on valide l'histoire et les personnages avant la pédagogie, avec des scénaristes garants de la dramaturgie.
  • Production : la pédagogie (storyboard, activités, quiz ; environ un mois et trois ateliers d'une heure) puis le tournage (casting, comédiens).

Le module est livré en SCORM pour le LMS. La durée totale annoncée est de trois à quatre mois, selon la vitesse de validation côté client.

Résultats annoncés par BNP Paribas

  • Un NPS d'environ 62 sur les modules, soit environ le double de la moyenne du catalogue de formation.
  • Un quiz d'une dizaine de questions par module, avec 80 % de bonnes réponses requis pour valider.
  • Plus de 5 % de progression sur les thèmes traités dans les quiz annuels de niveau, en moins d'un an. Maxime Duval précise qu'il n'a pas la certitude que la série en soit la seule cause.

Budget, acteurs, mises à jour

  • Budget : entre 30 000 et 45 000 € pour trois épisodes ou un court métrage. Les comédiens professionnels ne font pas économiser de budget ; on peut aussi faire jouer des salariés, ou mixer les deux.
  • Durée : environ 30 minutes pour la fiscalité, de 30-40 minutes à une heure selon les modules. Les épisodes peuvent se suivre à la carte.
  • Mises à jour : selon Maxime Duval, environ trois quarts d'un module ne bougent pas ; les changements de loi de finances se traitent hors de la fiction.
2026-10-15T14:00:00+02:00

Les points clés du replay

  • Tous les sujets peuvent passer en fiction si le cadrage fixe la cible et les objectifs en amont.
  • La fiction capte l'attention ; les vidéos explicatives et les quiz assurent le fond.
  • Le client valide l'histoire avant tout contenu pédagogique : il faut prévoir ce temps de co-construction.
  • Un projet suit trois étapes d'environ un mois chacune, cadrage, écriture puis production, soit trois à quatre mois selon la vitesse de validation côté client.
  • Côté BNP Paribas : un NPS d'environ 62, soit environ le double de la moyenne du catalogue de formation, un quiz à 80 % de bonnes réponses pour valider, et plus de 5 % de progression aux quiz annuels en moins d'un an, sans certitude que la série en soit la seule cause.
  • Budget indicatif : entre 30 000 et 45 000 € pour trois épisodes ou un court métrage ; des comédiens professionnels ne font pas économiser de budget.
  • Chaque épisode peut se suivre à la carte, avec l'objectif de ne pas dépasser environ 30 minutes par module.

Change The Work propose aussi un catalogue sur étagère, avec notamment « Visio Boulot Dodo » (management à distance) et une série sur le congé maternité.

Transcription du replay

Transcription nettoyée des hésitations et des répétitions. Les extraits vidéo diffusés pendant la session (teaser de la série sur la fiscalité, extrait de l'émission fictive sur le crédit à la consommation) ne sont pas retranscrits. Les prises de parole sont rattachées à un intervenant lorsque le contexte l'établit avec certitude ; les autres sont attribuées à Change The Work ou ne portent pas de nom.

Bonjour à tous. Bienvenue aux Learning Days, ravie de tous vous accueillir. Learning Days, organisé par Activateur Formation. Je vous mets un petit lien pour le découvrir. On est le courtier en formation : on vous trouve les meilleurs partenaires, organismes de formation, formateurs, outils. Dès que vous avez un besoin en formation, n'hésitez pas. Aujourd'hui, je suis ravie d'être là avec vous et surtout d'accueillir Change The Work et BNP Paribas, qui me tiennent à cœur tous les deux, sur des sujets passionnants, surtout qu'on parle d'obligation de formation : avec Change The Work, on va voir comment on peut s'adapter à tout ça. Merci, et je vous laisse vous présenter, Maxime, Alison et Sarah.

Sarah Akel : Bonjour à tous. On est enchantés d'être là pour la troisième fois. On adore les Learning Days. Je suis Sarah Akel, cofondatrice de Change The Work. Je vais vous présenter très rapidement qui on est et ce qu'on fait, puis je laisserai la parole à Alison et Maxime, qui vous parleront du sujet du jour. Chez Change The Work, nous sommes éditeur d'e-learning, avec une spécificité : la fiction, pour mieux engager les apprenants. Très concrètement, soit on crée des séries pour former, soit on utilise des extraits de séries et de films déjà existants. Tout cela a pour but de mieux engager vos apprenants, mais aussi de faire en sorte qu'ils retiennent mieux, puisqu'on retient bien une notion pédagogique quand elle est liée aux émotions. On a un catalogue sur étagère d'une centaine de contenus sur toutes les thématiques transverses à l'entreprise : management, RH, soft skills, transition écologique, numérique, réglementaire, bureautique et vente, en français, en anglais et dans plein de nouvelles langues. Ensuite, on fait du sur-mesure, sur plein d'autres sujets, sur vos sujets à vous. D'ailleurs, c'est le sujet dont on va parler aujourd'hui, avec cette expérience qu'on a mise en place plusieurs fois avec la BNP, et avec Maxime, qui a eu la gentillesse de venir raconter son expérience. Donc voilà : votre sujet de formation le plus indigeste mérite une série. Je laisse la parole à Alison et Maxime pour se présenter. Moi, je resterai en chat : si vous avez des questions, des remarques, n'hésitez pas à les mettre. Si cela vaut le coup de couper et que c'est urgent d'y répondre tout de suite, je couperai la parole d'Alison et de Maxime pour la poser ; sinon, je garde toutes vos questions pour la fin, et comme ça on pourra y répondre.

Alison Zulmea : Bonjour à tous. Je m'appelle Alison, je suis showrunner formation. Qu'est-ce que ça veut dire ? Je gère la production des formations de Change The Work, à la fois le catalogue, comme Sarah en a parlé, mais aussi les formations sur mesure. C'est notamment moi et mes équipes qui avons travaillé avec Maxime sur la conception de toutes leurs formations. C'est pour ça que je suis très contente aujourd'hui de pouvoir intervenir avec lui. Maxime, je te laisse te présenter.

Maxime Duval : Bonjour à tous. Merci Alison, merci Sarah. Maxime Duval, je suis responsable de projet au sein de l'entité MyCampus, qui est l'organe de formation des agences du groupe BNP Paribas. Mon rôle, c'est notamment de développer les compétences de tous nos collaborateurs au sein de notre réseau d'agences, que ce soit lors de leur prise de poste ou au titre de la formation continue.

Alison Zulmea : Super ! Merci beaucoup, Maxime. Comme vous l'avez vu dans le sujet d'aujourd'hui, on va parler de formation dite aride, indigeste. Si je vous parle de fiscalité de la rémunération des particuliers, de monétique, ce ne sont peut-être pas des sujets qui vous parlent. N'hésitez pas à mettre dans le chat les sujets de formation que vous vivez comme difficiles à aborder et pour lesquels vous aimeriez une série. Nous, en tout cas, on les a abordés avec la BNP, comme je disais : fiscalité des particuliers, crédit à la consommation, taux d'endettement aussi. Ça peut faire un peu peur, surtout pour les collaborateurs quand ils voient qu'ils doivent être formés là-dessus : ils peuvent avoir un peu de mal à cliquer. C'est aussi pour ça qu'on aime traiter ces sujets. Parce qu'en faisant une série, on va vous expliquer comment on fait, on sait qu'on peut toucher un peu plus de monde et surtout les garder, garder leur attention et être sûr qu'ils retiennent vraiment des notions qui sont très importantes : même si ce sont des sujets difficiles à aborder, ce sont quand même des sujets très importants. Ce qui m'amène à la première question pour Maxime : qu'est-ce qui a fait…

On a quelques sujets, pardon, Alison. On a les assurances et frais de dossier habitat, la fiscalité, les holdings, la prospection, Qualiopi.

Alison Zulmea : Oui, ça va. C'est ça, ouais. Ça nous vient très vite, il faut les faire, c'est important, on le sait, et c'est pour ça que Maxime est venu nous voir d'ailleurs, parce qu'il y avait tous ces sujets très importants et un gros virage à faire. Mais peut-être que je peux te laisser, Maxime, expliquer le contexte dans lequel tu es venu vers nous.

Maxime Duval : Avec plaisir. J'ai approché Change The Work il y a quasiment deux ans maintenant pour traiter des sujets techniques, des incontournables pour nous : quand on parle de fiscalité, de taux d'endettement, sur toutes ces thématiques, il est indispensable pour nous d'accompagner nos collaborateurs. Pour autant, s'agissant de sujets techniques, parfois lourds à s'approprier, c'est souvent compliqué de suivre des modules de formation avec un format e-learning classique, qu'ils connaissent depuis 15 ou 20 ans, parce que ce sont des collaborateurs qui ont pour la plupart une certaine expérience. Il a fallu trouver des leviers pour susciter l'engagement, générer l'envie de suivre ces formations jusqu'au bout et capter leur attention. Parce que la difficulté, c'est que cette formation s'immisce au milieu d'une journée, entre des mails, entre des coups de téléphone, et soit entrecoupée. L'idée, c'était vraiment qu'ils puissent en retenir le maximum. C'est en cela que nous nous sommes tournés vers le format série et fiction. L'idée, c'était vraiment de créer une expérience apprenant, tout en conservant la rigueur qui devait être la nôtre, parce que ce sont des solutions très encadrées, sur lesquelles on veille vraiment à la qualité de la posture et du message qu'on va délivrer demain à nos clients finaux.

Alison Zulmea : Merci beaucoup, Maxime. C'est important que tu parles de rigueur, parce qu'on nous dit souvent : oui, mais c'est un sujet très sérieux, je ne peux pas l'aborder dans une série. Ce n'est pas vrai : on peut aborder tous les sujets, il y a juste la manière de l'aborder. C'est pour ça qu'il est important qu'on vous en parle aujourd'hui : il y a tout un processus qu'on voulait vous expliquer, sur la manière dont on fait pour que, à la fois, ça fonctionne, ça donne envie, et ça reste sérieux. On va donc suivre un calendrier ensemble aujourd'hui, à commencer par la première étape, qui est le cadrage. Maxime vous a déjà donné instinctivement un peu les objectifs, ce qu'il attendait de la formation : c'est ce qu'on fait durant le cadrage. Cela dure à peu près un mois, avec un atelier d'une heure minimum. On en parlera en détail après. Une fois qu'on a bien tout ciblé, il y a l'étape de l'écriture, évidemment, qui est une très belle étape parce qu'elle permet aux clients de rencontrer l'écriture de la fiction, qui n'est pas quelque chose qu'ils ont l'habitude de connaître. C'est très sympa, mais cela peut aussi être générateur de stress, on en discutera. Puis il y a la phase de production : à la fois la production de la formation telle quelle, parce qu'on livre un vrai format, une vraie formation avec des tests, etc., et la production de la fiction en elle-même, le tournage d'une vraie fiction, le choix des acteurs, tous ces éléments qui rentrent en jeu. Après, évidemment, il y a la livraison et les retours des collaborateurs. Si on commence avec le cadrage : cela dure à peu près un mois, avec un atelier d'une heure minimum. C'est une partie très importante pour nous, parce que c'est le moment où l'on veut tout fixer avec le client : les objectifs qu'il a, la cible à qui on va s'adresser, quels sujets on va traiter, comment les traiter, qu'est-ce qu'il faut dire, comment il faut le dire. C'est aussi le moment où l'on fixe avec lui le calendrier, combien d'étapes il va avoir, parce qu'on traite une série et qu'il n'a pas l'habitude : il faut lui expliquer les étapes, les ateliers, etc. Il y a aussi les échéances de livraison et les décideurs. Dans le cadre d'une série, Maxime porte le projet, il sait ce dont on va parler, il nous fait confiance. Mais il y a peut-être des personnes qui ne savent pas du tout comment cela se passe, à qui il va falloir expliquer, et qui vont être décideurs du projet : cela peut leur demander du temps, qu'il faut prendre en compte dans la production. Il est donc très important de définir ces personnes ensemble. Durant le cadrage, on va bloquer tous ces rendez-vous et expliquer tout le processus. D'ailleurs, je parlais de décideurs, Maxime : en interne, comment ont-ils pris le fait que, par exemple sur la fiscalité des particuliers, on allait faire une série, avec le concept, etc. ? Comment cela a-t-il été pris en interne ?

Maxime Duval : Évidemment, ce n'est pas quelque chose auquel nos décideurs sont habitués, qu'on leur dise de valider un storyboard, ou du moins un storytelling, dès qu'on pose le cadre de la formation. Il a fallu vraiment les rassurer sur deux points. D'abord la dimension pédagogique : c'est très sympa de faire une série, d'aller chercher un format innovant, mais est-ce que le message pédagogique reste ancré, et qu'est-ce que vont retenir nos apprenants ? Il a fallu jouer avec cette dimension pour montrer et prouver la solidité pédagogique de l'histoire qu'on avait envie de raconter et, derrière, maîtriser ce risque pour créer de la valeur avec un format décalé. Il fallait aussi poser les limites. On a eu plusieurs propositions, on a échangé ensemble à chaque fois avant de se dire : oui, ça, c'est le bon scénario, on peut le valider, parce que cela correspond à nos codes, à nos critères. C'est vraiment de la co-construction entre vous et nous qui nous a permis d'aboutir. Et derrière, il a fallu montrer que, même si le format est décalé, au niveau des objectifs pédagogiques on reste aligné, les messages sont maîtrisés, et on va veiller à ce qu'ils le soient. Finalement, ce que j'ai envie de dire, c'est qu'on peut être audacieux sur la forme, mais on ne transigera jamais sur le fond. C'est cela qui a été le leitmotiv et qui nous a permis de faire valider ces projets.

Alison Zulmea : Oui, c'est vrai, tu as raison, c'est très important. Quand on fait une fiction, il y a une limite à ne pas dépasser, ou plutôt une limite à trouver, en tout cas. Tu parlais de message pédagogique, et c'est aussi à cela que sert le cadrage : définir la cible. Typiquement, dans la fiscalité des particuliers, on s'adresse à tout le monde pour cette formation, et il fallait remettre tout le monde sur la même base. C'est très important, parce que quand on regarde une série, on s'identifie au personnage : il n'y a pas de différence entre la cible à laquelle on s'adresse dans une formation, l'apprenant, et celle à laquelle on s'adresse dans une série. C'est pour cela qu'il est très important de la définir ensemble. Je me suis dit qu'il serait très intéressant de vous montrer le teaser de la première formation qu'on a faite, sur la fiscalité. Je vais vous pitcher un peu l'histoire. Quand on parle de cible, on s'adressait à tout le monde, et il était donc très important pour nous d'avoir un personnage principal qui n'a aucune base, et qui a même peur des bases. C'est le cas de Thomas, qui a la phobie fiscale : pour lui, il n'est pas possible d'entendre parler de déclaration ou de quoi que ce soit. Un jour, il rentre chez lui et son coloc est en train de faire ses impôts : il tombe dans les pommes. Ce n'est pas entendable. Le coloc en a marre et se dit qu'il faut absolument qu'il l'aide. Dans le premier épisode, Thomas est ligoté à une chaise et son coloc lui dit : écoute, il faut qu'on fasse la déclaration. Il lui parle de foyer fiscal, de déclaration, et ça ne marche pas du tout : Thomas tombe dans les pommes. Dans ce premier épisode, on a décidé de parler des bases : c'est le coloc qui parle des bases, et Thomas qui ne veut pas l'entendre, qui pose des questions et qui ne comprend pas de quoi on lui parle. C'est ce qui nous permet de rebondir dans la pédagogie, parce qu'on met l'apprenant à la place de Thomas et on lui dit : Thomas n'a pas compris, peut-être que toi non plus, voilà ce qu'il fallait que tu retiennes. Dans l'épisode 2, le coloc revient à la charge : on a essayé de parler de la fiscalité des revenus financiers, pour ceux à qui cela ne parle pas, tout ce qui est investissement, actions, ce genre de choses. Il l'emmène chez une voyante, qui n'est pas du tout honnête puisqu'elle veut l'escroquer : elle pense qu'il a beaucoup d'argent et qu'il faut absolument qu'elle l'oriente sur ses décisions. Thomas, encore une fois, entend parler de fiscalité, cela lui fait peur, il s'enfuit. Dans l'épisode 3, dernière tentative du coloc, on veut parler de la fiscalité des revenus immobiliers. Son coloc se dit que c'est peut-être une bonne idée de lui faire faire un date avec une personne passionnée par ce sujet : cette personne en parle, en parle et en parle, et finalement cela ne va pas marcher : Thomas part aussi en courant. Le fait d'avoir un personnage si loin du sujet nous permet de lui faire poser des questions, dire les termes qu'il ne comprend pas, et nous rebondissons dessus pour les expliquer. On vous a donc préparé un petit teaser pour vous montrer un peu de quoi il retourne.

[Extrait vidéo : teaser de la série sur la fiscalité des particuliers.]

Alison Zulmea : N'hésitez pas à réagir dans le chat si ça vous parle et si ça vous donne envie. En tout cas, c'est réservé à la BNP, mais c'est faisable. Le but d'aujourd'hui, c'est de vous expliquer les étapes, comment on a fait pour écrire cette fiction et plein d'autres. Maxime, tout à l'heure, tu as parlé d'écriture de script. Évidemment, là, il y avait un script. Comment écrit-on un script ? La partie de l'écriture se déroule en trois temps et dure à peu près un mois aussi, avec au minimum trois ateliers d'une heure. C'est quelque chose qui vous prend du temps, enfin, si vous voulez être impliqué. Nous, on travaille avec des experts en interne et on échange avec eux quotidiennement, mais on aime bien aussi échanger avec un maximum de personnes pour recueillir votre ressenti, votre expérience du terrain. Et ça, c'est très important. Dans cette partie d'écriture, il y avait trois temps, dont évidemment la partie pédagogique. Mais à l'inverse d'une formation classique, on va commencer par l'écriture du script. C'est une expérience assez particulière pour toi, Maxime, quand on t'a expliqué le processus : est-ce que tu as réussi à te projeter sur le fait qu'on te dise qu'il faut d'abord valider une histoire avant même de parler de formation ?

Maxime Duval : C'est forcément déroutant au début, parce que nous, on est habitué à lire du contenu de formation, des éléments déjà prêts, et là on se retrouve à lire une histoire, des dialogues, des échanges entre personnages, un storytelling plus poussé. Cela demande un travail d'adaptation et de projection, un effort de projection assez important. D'autant qu'on a toujours cette envie d'insérer de la pédagogie dès le dialogue. Il faut réussir à trouver la bonne mesure pour permettre d'appréhender cette fiction, qui va être décalée, et de la connecter à la suite, qui fera preuve de pédagogie et permettra d'intégrer l'apprenant. Le rôle de la fiction, c'est de capter, et ensuite on déroule toute la dimension pédagogique. Forcément, c'est déroutant. On se retrouve un petit peu en directeur de casting et on doit planifier plein de choses. Mais après coup, c'est aussi très intéressant, et cela a fait émerger des vocations chez nous, parce qu'on est plusieurs à relire ces contenus. L'exercice est très intéressant : déroutant au début, mais on y prend vite goût.

Oui, je peux prendre. Oui, vas-y, pardon. Non, non, vas-y.

Change The Work : Si je prends la main là-dessus aussi, c'est un rôle qu'on demande à nos scénaristes : on leur dit que leur rôle est d'être garants de la dramaturgie. Ils vont se retrouver face à vous, face à vos équipes, et devoir dire, parfois : Maxime, tu peux lui dire que cette scène-là ne sert à rien, pourquoi on la met là ? Et c'est aux scénaristes de prendre la main et de dire : en fait, c'est pour caractériser le personnage, ou pour telle ou telle chose, des choses plutôt liées à la dramaturgie et à la méthode globale d'écriture d'histoire, de scénario. Nos scénaristes sont aussi là pour être garants de cela, et pour vous aider à vous dire : ça, on doit vraiment le garder. Ce peut être dans les vidéos, dans les quiz, dans les débriefs, ou dans la fiction : même quand on a l'impression que cette scène ne sert à rien, elle va être utile pour qu'on s'attache aux personnages, pour de vrais mécanismes de dramaturgie. Vas-y, Alison, pardon.

Alison Zulmea : Oui, mais non, tu as raison, c'est exactement ce que j'allais expliquer, et puis […]. Je suis un peu entre les deux : mon rôle, c'est justement d'être entre les deux. J'ai à la fois Maxime, qui va insister sur la pédagogie, et le scénariste, qui va m'expliquer l'importance de l'histoire. À ce moment-là, c'est très important parce que, pour nous, le but n'est pas de prendre du temps sur vos agendas. On sait que vous n'avez pas l'habitude d'écrire des scripts : le but, c'est de transcrire tous vos objectifs pédagogiques et tous les éléments clés dont vous voulez parler. Et moi, je m'assure que, dans la fiction, on va avoir un endroit où rebondir dessus. C'est pour ça qu'on écrit la fiction en premier : on fixe l'histoire, on fixe les personnages, et une fois que c'est fixé, on trouve dans les personnages des éléments sur lesquels rebondir pour expliquer la pédagogie, comme je vous l'expliquais avec Thomas, qui a la phobie fiscale. Il est donc très important de tout mettre dans la fiction, parce qu'on a une partie pédagogique, souvent sous forme de vidéos pédagogiques après les épisodes de fiction, dans lesquelles on reprend ce qui s'est passé et on leur dit : là, vous avez vu Thomas qui ne comprenait pas pourquoi il fallait déclarer telle chose dans sa déclaration ; en fait, la raison, c'est telle et telle chose. On l'explique à ce moment-là. Il y a vraiment un équilibre à trouver entre les deux. Une fois qu'on a écrit la fiction et la pédagogie, on a le socle. Je vais donc vous montrer un petit extrait d'une autre formation qu'on a écrite pour la BNP, sur le crédit à la consommation. Là aussi, on avait ce challenge d'écriture. Je vous explique le concept : c'est une émission qui s'appelle « Qui veut prêter des millions ». Ce sont des conseillers bancaires qui veulent participer, et pour participer, ils doivent passer un casting dans lequel on leur pose des questions, d'abord sur leur posture. Une fois qu'ils sont pris, ils peuvent participer à l'émission et là, avoir de vraies questions. C'était aussi très important, parce que c'est un vrai exercice pour Maxime, tu pourras me le redire : dans le casting, on n'est pas sur des explications théoriques, on est sur du comportemental. Et on est aussi sur de la fiction. Il y a donc une balance à trouver : on veut que la personne qui regarde se divertisse, apprécie le moment, et on ne veut pas non plus caricaturer, parce que la personne qui va regarder, en l'occurrence pour le crédit à la consommation, va regarder de faux conseillers bancaires et va s'identifier à eux. Comment t'es-tu senti sur l'écriture de cette fiction en particulier ?

Maxime Duval : Il fallait vraiment placer le curseur de façon très précise, encore une fois, entre les exigences pédagogiques et les inputs qu'on pouvait avoir du métier, pour ne pas trop stigmatiser, pour ne pas trop caricaturer, comme tu as pu le dire, et toutefois être assez représentatif de ce qui se passait dans notre réseau d'agences, pour montrer quels étaient les bons comportements. Sur les soft skills, c'est nécessaire d'aller pousser aussi un peu le curseur. Voilà le juste équilibre qu'il a fallu trouver. On a tâtonné, on a fini par trouver la copie qui nous semblait la plus adaptée, et aujourd'hui on en est très fiers.

Alison Zulmea : Oui, c'est ça. C'est un vrai travail d'équipe : le scénariste qui écrit n'est pas expert bancaire, et Maxime n'est pas expert en fiction. Il y a donc une vraie communication à avoir, et c'est pour cela que ces échanges sont importants. Avec la BNP, on a vraiment échangé régulièrement. Il y a des ateliers, mais aussi une vraie communication : on construit une formation ensemble et on échange sur les étapes au fur et à mesure, par mail ou en visio, selon le temps que vous avez. Ces périodes d'échange sont très importantes parce qu'à la fin, il y a une vraie fiction finale et il faut que cela plaise évidemment à tout le monde. Je vous montre un petit peu à quoi ça ressemble.

[Extrait vidéo : émission fictive « Qui veut prêter des millions » (série sur le crédit à la consommation).]

Alison Zulmea : J'espère qu'on a eu quelques sourires, je ne vous vois pas, mais j'espère. En tout cas, nous, on a pris plaisir à l'écrire. Vous l'avez vu : il y a du comportemental, et il y a aussi du théorique, c'est-à-dire que, quand l'animateur pose des questions, on est vraiment sur des sujets techniques. Peut-être que vous-mêmes, dans l'audience, vous ne pourriez pas répondre ; les conseillers bancaires, eux, ont les réponses. Ils ont le comportement, ils peuvent s'identifier aux personnes. Là, on est juste sur la fiction, et ils ont pu reconnaître des éléments sur lesquels on va insister ensuite dans l'écriture. La question maintenant, c'est comment on fait cela : vous l'avez vu, les images sont belles, il faut donc les produire. Cela nous amène à la deuxième partie, la production. Il y a deux étapes, comme je vous l'ai dit : la pédagogie et la fiction. La pédagogie est évidemment l'élément central de la formation. Là également, il faut compter à peu près un mois et trois ateliers d'une heure. On va faire un storyboard, des activités, mais comme vous pouvez le voir, on les fait dans l'univers de la fiction. En l'occurrence, quand on était sur l'émission « Qui veut prêter des millions », dans les activités, on a repris cet univers de la fiction du jeu télé. C'était très important que, après les vidéos, tout ne s'arrête pas et qu'on ne retourne pas sur un quiz classique. Les activités sont très importantes : elles permettent d'ancrer les connaissances, et il fallait absolument qu'ils retrouvent l'envie de participer aux activités et de confirmer ce qu'ils avaient appris. Maxime, est-ce que tu peux nous dire en quoi le storyboard et les activités diffèrent de ce que vous avez l'habitude de faire, et comment tu l'as perçu ?

Maxime Duval : Ce que j'ai apprécié, ce qu'on cherchait et ce qu'on a trouvé finalement, c'est le fait qu'on porte davantage, ou au moins autant, d'attention à l'expérience de notre collaborateur, la personne qui va réaliser le learning, qu'à la question « qu'est-ce qu'il doit savoir ». Ces questions viennent de façon synchrone : comment va-t-on faire pour qu'il écoute, pour qu'il se reconnaisse à travers les situations ? Il y a un aspect très fort d'identification : se dire « oui, c'est mon quotidien, c'est connecté à ma réalité », et que, derrière, ils retiennent et puissent remettre en pratique. C'est pour moi ce qui a fait la différence côté Change The Work, sur des compétences aussi bien techniques, hard skills, que soft skills. Cela a été très intéressant, et c'est ce qui permet de se démarquer. On ne cherche plus seulement à transmettre du contenu, on cherche à créer une réelle expérience et à impliquer l'apprenant, qui devient acteur de sa formation et de sa montée en compétences.

Alison Zulmea : Oui, oui, c'est vrai, tu as raison, c'est très important. Tu me fais penser, quand tu parles d'expérience : quand on a créé les modules, on a créé une sorte de plateforme, qu'on a appelée Netflix, MyCampus Plus, Disney Plus, appelez-la comme vous voulez. C'est ça qui a donné toute l'expérience, parce que si on parle d'une série et que l'apprenant arrive sur la formation et a finalement un quiz classique, le résultat est le même et le soufflé retombe. Il est donc vraiment important que, tout au long de la formation, il se sente dans une bulle, dans une histoire, et qu'après, quand il va discuter avec ses collègues, il dise : mais t'as vu Thomas comment il a réagi ? Il a vraiment surréagi, moi je n'aurais pas réagi comme ça. Oui, c'est vrai que la déclaration, c'est difficile, mais il y a telle et telle chose. Et même inconsciemment, il aura retenu plein de choses. Dans les activités, c'est la même chose : on veut qu'il s'amuse, évidemment on reste sérieux et tous les éléments qui sont dedans sont très sérieux, mais tout ce qui est autour est fait pour que l'apprenant puisse se former dans les meilleures conditions. Voilà pour la partie pédagogie : storyboard, validation du storyboard, des activités et évidemment des quiz de complétion. C'est très important que remontent la complétion, la validation des modules, etc. Les quiz ne sont pas difficiles, mais intermédiaires : on y met le niveau qu'il faut. Tout cela, on en discute pendant le cadrage, mais c'est aussi dans la formation.

Sarah Akel : Il y a peut-être deux questions qu'on peut traiter. Il y en a une qui est : est-ce que les objectifs pédagogiques portent sur les compétences soft skills uniquement, ou aussi sur des compétences techniques, hard ? Peut-être qu'on peut répondre à ça. L'autre question : est-ce qu'on peut transmettre autant de notions clés via le format série que via le format e-learning, ou est-ce qu'il vaut mieux davantage cibler les notions clés à transmettre ? Je vous donne peut-être deux ou trois éléments, puis je laisse Alison et Maxime reprendre. Sur la première question, comme Maxime l'a dit, on a des soft skills et on a des hard skills. On a du comportement de conseiller client qu'on attend, notamment quand on parle du casting dans cette série, par exemple. Et on a aussi du technique, puisqu'on va parler de compétences très techniques liées au crédit à la consommation et à la manière dont on veut les accompagner. D'ailleurs, chez les autres clients qu'on a accompagnés sur d'autres séries, on traite de ces deux sujets : parfois c'est que du soft, parfois que du hard, cela dépend vraiment de ce que vous voulez transmettre. L'avantage de la fiction, souvent, c'est qu'on peut aller sur les deux terrains. Ensuite, sur la deuxième question, cela reste un format e-learning : à la fin, ils ont quand même des quiz, des activités pédagogiques. Ils sont dans un e-learning, c'est du SCORM qu'on vous livre pour votre plateforme LMS. Par contre, sur ce qu'on cible, oui, c'est important de bien cibler. Peut-être que tu as un mot à dire là-dessus, Maxime : par exemple, aujourd'hui, on a des mises à jour à faire dans un des premiers modules qu'on a faits avec eux sur la fiscalité des particuliers. Heureusement, ce sont des compétences qu'on n'avait pas mises dans la fiction, mais ailleurs dans le module, et c'est donc simple à traiter. Je vous laisse la parole sur ces deux sujets.

Maxime Duval : Exactement. Je prends le relais sur cette notion de mise à jour : sur tout ce qui est tournage vidéo, on veut un contenu pérenne, mais pour lequel il peut toujours y avoir des modifications. En l'occurrence sur la fiscalité, c'est une loi de finances qui peut nous impacter sur certaines choses qu'on n'avait pas forcément anticipées. Mais au-delà de tout cela, les trois quarts du module ne bougent pas, et on sait que cela va rester stable. C'est très important sur du tournage vidéo, parce qu'on avait bien sûr projeté de pouvoir faire des mises à jour, et je remercie Alison et Sarah pour leur agilité : elles arrivent toujours à trouver la bonne formule qui nous permet de mettre à jour nos learnings. Et derrière, cette approche soft skills, hard skills, est aussi complétée : nous, on va chercher à dérouler une certaine dimension théorique, parfois, à travers ces modules, puis forcer la mise en pratique avec la valeur ajoutée, notamment de nos formateurs, sur certains modules. On va pouvoir regrouper différents learnings pour les mettre en situation de training, d'exercice. L'idée, c'est que ce soit la base qui leur permette, avec des synthèses, des quiz, d'aller demain dans des trainings et de faire la jonction entre l'aspect théorique et : demain, je suis à l'aise pour en parler à mes clients.

Change The Work : Il y a deux éléments que je voulais rajouter. L'avantage de la fiction, c'est que, plutôt qu'une personne face caméra qui déroule tout l'aspect pédagogique de la formation, le fait d'avoir de vrais personnages, qui ont un vrai rôle et racontent une vraie histoire, permet de voir des comportements qui semblent naturels à la caméra mais qui ont été étudiés. Typiquement, les comportements des conseillers, on les a travaillés, et on va pouvoir rebondir dessus : cela nous permet d'aborder des soft skills, et les questions de l'animateur nous permettent d'aborder des hard skills. Tout cet univers nous permet d'aborder toutes les notions et tous les objectifs pédagogiques dont on a besoin : c'est totalement faisable. Et d'ailleurs, Maxime, tu disais en effet que la formation, c'est un vrai e-learning, mais rien ne nous empêche de rebondir avec de vrais formateurs sur ce qui s'est passé dans l'histoire, pour rajouter une couche en quelque sorte, ou pour des personnes qui n'auraient pas pu voir la formation : regarder une vidéo ensemble et réagir dessus, c'est parfois plus simple. La série permet cela aussi.

Exactement.

Alison Zulmea : La deuxième partie de la production, un peu plus rapidement mais c'est sympa de le savoir, c'est évidemment la partie fiction. Là, on a un vrai tournage, et qui dit vrai tournage dit casting, tu en parlais tout à l'heure, Maxime. Pour nous, c'est important que le client ait son mot à dire. On vous mâche le travail : on fait tout le casting en interne, mais on vous soumet les profils. Peut-être que tu peux nous dire ce que tu as pensé de cette expérience de pouvoir faire le casting des fictions.

Maxime Duval : Bien sûr. À l'instar de ce qu'on a pu se dire tout à l'heure sur la relecture des scripts, c'est assez inhabituel pour nous. On part d'un besoin de formation, on se retrouve plongé dans un casting, avec des décors, des intentions à valider, et j'ai presque rajouté une ligne à mon CV, finalement, en travaillant sur le sujet à vos côtés. Mais toute cette co-construction participe à l'efficacité du dispositif derrière, parce qu'on a un contenu harmonieux, qui permet d'aller vers les objectifs qu'on avait définis au début en termes de pédagogie. Une fois que c'est lancé, on a vraiment hâte d'avoir le rendu, de voir à quoi cela va ressembler, et on est fiers de porter ensuite ces learnings, qui sont le fruit de notre travail collectif avec les équipes de Change The Work. C'est différenciant, parce que ce sont des choses qu'on ne voyait pas par le passé. Et si je peux rajouter quelque chose, c'est cette volonté de se connecter avec les habitudes de consommation de nos apprenants. Aujourd'hui, ils sont très connectés : Netflix, TikTok, Instagram, ces réseaux et ces courtes vidéos. On a réussi, dans une moindre mesure, parce qu'évidemment ils ne se ruent pas non plus sur la formation, je ne vous apprends rien : ils la font avec plaisir, mais ce n'est pas l'enthousiasme d'un Netflix ou d'un TikTok, ils ne sont pas aussi accros que cela. Mais on a réussi à réconcilier ces deux mondes : ils ont l'impression de consommer du contenu comme ils le font dans leur vie privée, et en termes d'adhésion et d'engagement, c'est beaucoup plus impactant pour eux que ce qu'on voit habituellement sur un learning classique.

Change The Work : Merci beaucoup, Maxime. Et, sans transition, on peut parler de quelques chiffres. Est-ce que tu peux nous dire comment la formation a été perçue une fois qu'elle a été livrée, quels ont été les retours ?

Maxime Duval : Bien sûr. D'un point de vue chiffré, on mesure ce qu'on appelle le NPS, le Net Promoter Score de nos collaborateurs sur les modules : on a un NPS en moyenne deux fois supérieur à ce qu'on a l'habitude de voir sur l'ensemble de notre catalogue de formation, ce qui n'est pas rien. On oscille autour de 62 de NPS à peu près sur les modules, un petit peu plus même. Au-delà de tout cela, chez BNP Paribas, on a cette volonté d'être connecté à la réalité du terrain et de sonder nos apprenants un peu plus en direct. On est en contact avec eux au quotidien et, quand on les interroge, ce qu'ils nous partagent, c'est cette expérience ludique, qui leur permet d'être accrochés, engagés dans le learning, et ensuite de retenir des choses. On va aussi chercher à mesurer leur niveau d'appropriation, ce qui est assez important dans l'univers L&D : à chaque module de formation, de chaque série ou autre, on a un quiz d'une dizaine de questions en général, avec une base de questions assez large pour qu'ils ne tombent pas toujours sur les mêmes. Tant qu'ils n'ont pas obtenu 80 % de bonnes réponses, ils sont obligés de retenter le quiz, et ils peuvent, s'ils le souhaitent, refaire une partie ou tout le module. Cela nous permet de valider ces éléments. Et sur les remontées terrain, on constate qu'ils ont développé des réflexes, qu'ils sont beaucoup plus armés sur des sujets comme ceux qu'on a travaillés : on constate une réelle progression de nos équipes, et c'est très encourageant. Voilà les chiffres que je peux vous communiquer et vous partager.

Change The Work : Et ça tombe bien, parce qu'on avait une question là-dessus, justement sur la mesure de la progression des compétences. Donc je pense que oui, tu as bien répondu. Je vous partage les différentes questions auxquelles il faudrait qu'on réponde, parce que le timing se resserre. On a une question sur le prix ; celle-là, je vais peut-être y répondre. Le prix : on aime bien dire qu'on fonctionne comme une boîte de production avec une chaîne de télé : pour tel épisode, j'ai tel budget, et on s'adapte au budget. Cela ne veut pas dire que vous partez sans budget, mais, dans une certaine fourchette, on peut faire le nombre d'épisodes en fonction du budget que vous avez. En moyenne, pour trois épisodes ou un court métrage, on est entre 30 000 et 40-45 000 €. Et jusqu'à une série de dix épisodes de trois à cinq minutes, on est plutôt sur [montant peu audible]. Cela donne une fourchette assez large, mais l'idée, c'est que, entre les deux, en fonction de votre budget, on peut vous dire : nous, on peut faire trois épisodes, quatre, cinq. Évidemment, on adapte le ton. On peut aussi jouer sur le fait d'avoir moins de lieux de tournage et moins de journées de tournage. On peut aussi jouer sur le fait d'avoir des comédiens professionnels ou pas. Attention : les comédiens professionnels ne vous font pas gagner de budget, c'est important de le savoir. Vous pouvez faire jouer vos salariés, mais on ne gagne pas de budget dessus : comme ce ne sont pas des comédiens professionnels, c'est plus long, et on aura donc plus de temps de tournage. J'ai répondu en même temps, je pense, à la question des acteurs, mais il y a plusieurs possibilités. Soit vous prenez des acteurs professionnels, c'est ce qu'on a fait avec la BNP. Avec Doctolib, quand on a travaillé avec eux, on a travaillé uniquement avec des salariés à eux, qui jouaient dans la série. Cela marche bien aussi, c'est un peu différent. On peut aussi faire un mix des deux : un rôle principal avec un comédien professionnel et des salariés de l'entreprise sur le reste. Quand ce sont les salariés de l'entreprise, on peut même vous faire un casting en interne pour vous aider à sélectionner les comédiens. Ce sont aussi des moments sympas, qui se partagent bien ensuite en communication. Il y avait la question des soft skills et des hard skills, à laquelle on a répondu. La durée moyenne d'un module : quand vous allez sur notre catalogue sur étagère, vous êtes entre 20 et 30 minutes. Pour les modules que vous avez créés ensemble, Maxime, on était sur quelle durée en moyenne ? Ça va de 30, 35, 40 minutes jusqu'à une heure à peu près, Maxime, si je ne me trompe pas.

Maxime Duval : C'est ça. Les modules sur la fiscalité, on est autour de 30 minutes. Le gros avantage, et la façon dont on a pensé les modules, c'est de pouvoir les consommer à la carte : dans une série, admettons qu'il y ait quatre épisodes, on peut n'en consommer qu'un seul. Un de nos conseillers qui part en rendez-vous sur une thématique bien identifiée peut, en 10 minutes, traiter un épisode et le suivre. Notre volonté, c'est de ne pas dépasser 30 minutes sur un module, parce qu'après, cela fait quand même assez long, même si c'est agréable à suivre. Pour autant, il y a des modules où le contenu était tellement riche et dense qu'il a fallu déborder un petit peu. Mais globalement, je pense que 30 minutes, c'est le format idéal.

Change The Work : On a une autre question, sur la durée de la production. Je pense qu'en moyenne, on est sur trois à quatre mois. Est-ce que vous êtes d'accord avec ce que je dis ?

Change The Work : Oui, c'est à peu près ça. À chaque étape, il faut compter à peu près un mois : le cadrage, l'écriture, la production. On est donc entre trois et quatre mois, et après, cela dépend des validations. Évidemment, si c'est très pressé de votre côté et que toutes les équipes sont prêtes à valider, on s'adapte et on valide vite. En revanche, si cela demande de remonter plusieurs échelons et que cela prend plus longtemps, on adapte cela pendant le cadrage : on fait vraiment le calendrier avec vous, vous nous dites en combien de temps vous pouvez valider, et on adapte en fonction.

Change The Work : Et il y a peut-être une question pour toi, Maxime : est-ce que la réussite au quiz est supérieure dans la série par rapport à un e-learning classique ?

Maxime Duval : On n'a pas exactement de comparatif à proprement parler. Par contre, ce qu'on a réussi à mesurer, c'est que, tous les ans, nos conseillers passent des quiz de mesure de leur niveau sur différentes thématiques, et que, sur celles qui ont été travaillées à travers les e-learnings, on a une progression notable, avec plus de cinq pour cent de progression en moins d'un an. On a donc vu qu'ils avaient progressé. Est-ce que c'est uniquement lié à la série ? J'ai envie de dire que oui, pour vous comme pour moi, qui travaille au développement des compétences, et de faire le parallèle. Je n'en ai pas la certitude, mais globalement, on voit un niveau qui se rehausse sur les sujets qui ont été traités à travers les learnings vidéo.

Super.

Change The Work : Il nous reste deux, trois minutes. Si vous avez encore des questions à poser, n'hésitez pas. Je vous ai mis un petit lien de test : si vous cliquez dessus, il vous amène à notre catalogue sur étagère, qui vous donne une idée de ce qu'on fait. Si vous voulez tester des séries, il y en a deux à aller tester dans notre catalogue. Il y a Visio Boulot Dodo, une série sur le management à distance où l'on suit Max et son équipe, qui passent en télétravail du jour au lendemain. Et il y a Nos plus beaux moments : vous devez taper plutôt « congé maternité ». C'est une série qui a gagné le prix du scénario l'année dernière au Nikon Festival, et dont le thème est la maternité : ce qui se passe pour une maman quand elle est enceinte, quand elle accouche, avant le retour en entreprise, etc. L'objectif était d'accompagner les managers pour qu'ils accompagnent leurs salariés, maman et papa, à qui cela arrive : le départ, la préparation et le retour en entreprise. On a deux autres formations liées à cela, une côté maman pour préparer son départ et son retour, et une côté papa. Voilà les deux formations que vous pourrez aller tester dans notre catalogue si vous voulez tester des sujets de formation en série. Et sinon, n'hésitez pas à nous contacter, bien sûr, on continuera l'échange avec plaisir.

Change The Work : Oui, c'est ce que j'allais dire. N'hésitez pas à nous contacter : au début, on parlait des différents sujets pour lesquels vous aimeriez avoir une série. Contactez-nous pour échanger sur la faisabilité par rapport à votre sujet. On traite divers sujets, et je commence à en connaître un rayon maintenant. N'hésitez donc pas à venir nous voir.

Sarah Akel : Je crois qu'on va pouvoir clôturer, on arrive à la fin. Merci à tous les deux, Maxime et Alison, pour votre préparation et votre participation. Merci à tous pour votre écoute. Et bien sûr, on reste disponibles si vous avez des questions, n'hésitez pas à nous contacter.

Super. Merci à tous. Bonne journée. Au revoir. Merci à tous.

Questions fréquentes

Pourquoi traiter un sujet de formation technique sous forme de série ?
Maxime Duval (MyCampus, BNP Paribas) explique que les modules e-learning classiques sont difficiles à suivre jusqu'au bout sur des sujets techniques comme la fiscalité ou le taux d'endettement, d'autant que la formation s'insère entre des mails et des appels. Le format série et fiction visait à créer une expérience apprenant, à susciter l'envie d'aller jusqu'au bout et à capter l'attention, en conservant la rigueur attendue.

Peut-on aborder un sujet sérieux en fiction ?
Alison Zulmea répond qu'on peut aborder tous les sujets : tout est dans la manière de le faire. Maxime Duval précise qu'il a fallu rassurer les décideurs sur la solidité pédagogique, avec une co-construction validée scénario par scénario : audacieux sur la forme, sans jamais transiger sur le fond.

Les séries portent-elles sur les soft skills ou sur les hard skills ?
Sur les deux, selon Sarah Akel : le comportement du conseiller client dans la série du casting, et des compétences très techniques sur le crédit à la consommation. Parfois uniquement l'un des deux, selon ce que l'on veut transmettre.

Peut-on transmettre autant de notions clés en série qu'en e-learning classique ?
Cela reste un format e-learning, avec des quiz et des activités pédagogiques, livré en SCORM pour le LMS. Il faut cependant bien cibler ce qui passe par la fiction : dans le module sur la fiscalité des particuliers, les compétences susceptibles d'évoluer ont été placées ailleurs que dans la fiction, ce qui simplifie les mises à jour. Maxime Duval ajoute que les trois quarts d'un module ne bougent pas.

Combien coûte une série de formation ?
Change The Work dit fonctionner comme une société de production face à une chaîne de télévision : on s'adapte au budget. En moyenne, pour trois épisodes ou un court métrage, on se situe entre 30 000 et 45 000 €. Le nombre d'épisodes dépend du budget, et on peut aussi réduire le nombre de lieux et de journées de tournage.

Faut-il des comédiens professionnels ?
Trois options sont citées : des acteurs professionnels, comme avec BNP Paribas, des salariés de l'entreprise, comme avec Doctolib, ou un mélange des deux. Les comédiens professionnels ne font pas économiser de budget, et faire jouer des salariés non plus, car le tournage est plus long. Un casting interne peut être organisé.

Quelle est la durée d'un module ?
Sur le catalogue sur étagère, entre 20 et 30 minutes. Pour les modules créés avec BNP Paribas, de 30 à 40 minutes jusqu'à environ une heure, avec la fiscalité autour de 30 minutes. Maxime Duval vise 30 minutes maximum par module et apprécie de pouvoir suivre un seul épisode à la carte.

Combien de temps faut-il pour produire une série ?
Trois à quatre mois en moyenne, à raison d'environ un mois par étape (cadrage, écriture, production), selon la rapidité des validations. Le calendrier est fixé avec le client pendant le cadrage.

La réussite au quiz est-elle meilleure qu'avec un e-learning classique ?
Maxime Duval indique qu'il n'y a pas de comparatif exact. En revanche, aux quiz annuels de mesure du niveau, les thèmes travaillés par ces e-learnings montrent plus de 5 % de progression en moins d'un an. Il n'a pas la certitude que la série en soit l'unique cause.

Sarah Akel

Sarah Akel

Directrice innovation RH

Sarah est la fondatrice de Change The Work, qui propose des formations en e-learning sur mesure et sur étagère. Leur spécialité ? La fiction pour engager l'apprenant.

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Maxime Duval

Maxime Duval

Responsable de projets transformation et développement des compétences, BNP Paribas

Conçoit les dispositifs de formation de BNP Paribas.

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Alison Zulmea

Alison Zulmea

Showrunner formation, Change The Work

Showrunner chez Change The Work : du premier brief à la diffusion.

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Change The Work

Change The Work conçoit des formations e-learning, sur étagère et sur mesure, en s'appuyant sur la fiction pour engager l'apprenant : extraits de films, animations et mises en scène, avec des modules construits comme des séries. Le catalogue couvre les RH et le management, les soft skills, les transitions écologique et numérique, la sécurité, la QVT, la santé mentale ou la diversité. Les contenus sont livrés au format SCORM.

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