Christine Mascaras, directrice générale adjointe de Bizness Actual Learning (société du groupe Actual, basée à Toulouse), et Igor Madrange, responsable de l'animation commerciale chez Matmut, expliquent pourquoi la formation seule ne suffit pas à changer les pratiques, et comment l'accompagnement terrain, c'est-à-dire le coaching au poste de travail, permet de passer du « je sais » au « je fais », puis au réflexe.
Le constat : l'érosion après la formation
Chiffres cités en séance : les entreprises consacrent environ 2 à 3 % de la masse salariale à la formation (enquêtes 2025) ; 61 % évaluent à chaud, selon des enquêtes du MEDEF ; 75 % des dirigeants ne constatent pas d'évolution durable des pratiques. Côté participants, environ 60 % appliquent leurs acquis juste après la formation, environ 40 % six mois plus tard et environ 30 % douze mois plus tard. Christine Mascaras en conclut qu'il faut accompagner le passage à l'action, ce moment où l'on bascule de l'intention à l'action dans le métier réel.
Le passage à l'action
Il s'appuie sur le « faire en vrai » : oser appliquer, avec un accompagnement du geste (débrief, ajustement, feedback) et de la répétition, jusqu'à l'acquisition d'un réflexe. Bizness Actual Learning observe que, dans ses dispositifs sur mesure, 70 à 80 % du temps est consacré à la co-construction du contenu, alors qu'environ 60 % du succès d'une formation dépend de l'avant et de l'après, selon l'intervenante. Au sondage sur ce qui favorise le passage à l'action, l'obligation n'a été cochée que par 3 % des répondants.
Trois façons de faire du coaching terrain
Le coaching terrain, au poste de travail, en observation puis en débrief, peut être assuré par les managers, par un organisme externe ou par des coachs internes supervisés, ce qu'a choisi Matmut. L'e-coaching, avec un coach IA qui envoie des rappels et des défis, est une modalité complémentaire.
Le dispositif de Matmut
- L'animation commerciale est une fonction support rattachée au siège, au sein de la direction de la relation sociétaire. Elle s'appuie sur quatre responsables régionaux et sur des responsables commerciaux qui coachent les agences.
- Les coachs ne sont pas des coachs professionnels certifiés : ils ont été formés à la méthode et à la posture (une boîte à outils d'environ cinq outils, selon Christine Mascaras), dans une logique d'approche complice propre à Matmut.
- L'accompagnement se fait par accord mutuel : l'agence, son directeur et le directeur des ventes doivent être d'accord, et les coachs n'imposent ni méthode ni finalité.
- Il y a six ans, la fréquence était d'environ un coaching par mois et par agence dans les agences sélectionnées. L'équipe considère aujourd'hui la fréquence comme un moteur de performance.
- Le suivi porte sur l'engagement (temps passé en agence), la progression (feedbacks, autodiagnostic) et la performance commerciale avant l'accompagnement, sur un trimestre, puis dans la durée.
Conditions de réussite citées par Igor Madrange
- Donner du sens : les coachs ne se substituent pas au manager.
- La coresponsabilité entre le manager et les coachs.
- Maximiser la pratique, avec une fréquence de passage soutenue.
- L'exigence : passer de l'intention à la mesure et au suivi.
Les points clés du replay
Transcription du replay
Questions fréquentes
Quelle différence entre un coach interne et un tuteur ?
Selon Christine Mascaras, le tuteur montre le geste métier, souvent à un nouvel arrivant, qui l'observe puis le reproduit ; le coach intervient après la formation pour accompagner la mise en œuvre, faire adhérer et traiter les résistances. Chez Matmut, le tutorat est souvent assuré par des pairs.
Comment impliquer le manager direct ?
En le formant, en prévoyant dans la formation des managers un temps sur le suivi de leurs collaborateurs, et en inscrivant cet accompagnement dans le référentiel de sa mission pour qu'il le priorise dans son agenda.
Faut-il privilégier le « faire en vrai » après la formation ou la formation en situation de travail ?
Les deux sont possibles. L'intervenante défend le blended et choisit la modalité à partir des objectifs et des indicateurs, sans dogme.
Comment faire le tri pour proposer moins de formations, mais mieux ?
En partant de la stratégie de l'entreprise : retenir les formations qui servent sa performance et sa pérennité, avec un regard stratégique partagé avec les DRH et les décideurs.

Christine Mascaras
Directrice Générale Adjointe, Bizness
Directrice Générale Adjointe de Bizness Actual Learning, marque du Groupe Actual dédiée à la formation professionnelle en blended learning.
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Igor Madrange
Responsable de l'animation commerciale, Matmut
Responsable de l'animation commerciale, Matmut.
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Bizness Actual Learning
Bizness actual learning, marque du Groupe Actual, est un organisme de formation professionnelle qui réinvente la formation depuis plus de 17 ans. Il conçoit des parcours en blended learning sur la vente, le management, la relation client et les soft skills, et accompagne la digitalisation des formations existantes.




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